mercredi 24 janvier 2007

Balenciaga au Musée de la Mode et du Textile



Le musée de la mode et du textile présente, jusqu'au 28 janvier 2007, une exposition dédiée au couturier espagnol Cristobal Balenciaga (1895-1972).

Alléchante affiche pour les amateurs de mode et les aficionados de la grande maison de couture à laquelle le Français Nicolas Ghesquière, nommé directeur artistique de Balenciaga en 1997, a donné une seconde jeunesse.

Poursuivant ses monographies de couturiers, le musée de la Mode et du Textile présente 160 modèles, des premières créations de Cristobal Balenciaga jusqu’aux derniers modèles de Nicolas Ghesquière : costumes d’homme revisités au féminin et talons hauts de 10 cm.

Le couturier espagnol né à Guetaria (Pays basque espagnol) et arrivé à Paris en 1937 pour fuir la guerre civile qui frappe son pays ouvre sa boutique parisienne Avenue Georges-V. Il s’impose rapidement comme « le roi de la couture parisienne ». Simplification de la ligne, contraste des formes et des couleurs, Cristobal Balenciaga puise également dans ses origines espagnoles en utilisant des dentelles noires ou en dessinant des robes d’infante et des boléros de toréador.

Quand les femmes de l'après soixante-huit veulent des minis, Balenciaga rallonge les jupes ; quand Christian Dior lançe le new-look (taille étranglée), Balenciaga innove avec le look cocon (lignes fluides, vêtements faisant disparaître la taille). L’exposition présente de merveilleux modèles du couturier qui avait coutume de dire : « Un bon couturier doit être : architecte pour les plans, sculpteur pour la forme, peintre pour la couleur, musicien pour l’harmonie et philosophe pour la mesure »

Malheureusement, comme souvent au Musée de la mode et du textile, l'exposition ne tient pas toutes ses promesses : mise en scène et commentaires réduits au minimum. Les magnifiques modèles exposés manquent de vie, et l'ensemble de dynamisme. Aucune photographie ne vient animer la présentation des modèles et le visiteur devra s'en remettre à son imagination pour se faire une idée de la façon dont robes du soir, ensemble baby doll, tailleurs et petits manteaux pouvaient être portés. Et malgré l'inaltérable élégance des coupes et des matières, c'est parfois difficile.

Même pas, accroché dans un coin, le sourire de Balenciaga. Il faudra s'en satisfaire et tâcher d'imaginer ce petit homme discret adulé de la haute-société parisienne et ami intime de Mona Von Bismarck.

Visite guidée fortement recommandée

Voir le défilé Balenciaga printemps-été 1960

Musée de la Mode et du Textile, 107 rue de Rivoli, 1er. Site du musée.

De si beaux Climats


Tout se passe dans un grand silence : la séparation du couple, la solitude, les aventures, comme ça, pour oublier. Et des bruits qui éclatent avec violence : une noix que l'on croque en regardant une femme que l'on désire, un pull qu'on déchire, après, la cigarette sur laquelle elle tire avec nervosité. Les Climats, c'est tout cela : un grand calme et un cri déchirant.

Réalisateur et acteur principal de son second film, Nuri Bilge Ceylan y interprète Asi, prof de fac portant beau ses quarante et quelques années. Dans la Turquie contemporaine, il vit en couple avec la jeune Bahar. Depuis ? Sans doute un moment : perdus au milieu des ruines d'un temple grec, ils posent l'un sur l'autre des regards pesants de passé. Jeu de cache-cache derrière les colonnes doriques. C'est l'été.

Puis Asi quitte Bahar comme on va à la plage, pour éviter de s'ennuyer. Retour à Istanbul où il retrouve ses étudiants. Il tente de combler sa solitude avec une ancienne conquête. Mais c'est Bahar qu'il cherchera finalement à reconquérir, en allant la rejoindre sur le tournage d'une série où elle travaille comme directrice artistique dans l'Est du pays. C'est l'hiver.

La critique a tout dit des ressemblances du film avec les plus beaux Bergman, Rosselini ou Antonioni. Cela n'a rien d'exagéré. Nuri Bilge Ceylan pose sur ses personnages un regard pudique, délicat, mais d'une rare acuité. Plans fixes. La caméra s'attarde sur les visages, les corps, une épaule moite de sueur, des mâchoires qui se serrent. Longuement. Et une sonate de Scarlatti. La vidéo numérique haute-définition donne aux moindres détails une infinie précision et met à nu les solitudes de deux êtres. Egoïsmes de l'homme, détresses de la femme. Juste une histoire d'amour raté. Comme il y en a tant.

Deuxième film de Nuri Bilge Ceylan aprés Uzak, Les Climats (Iklimler) dure 1h37.
Site officiel du réalisateur